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01


octobre


- 2021 -
au

30


novembre


- 2021 -

3 questions à Pierre Lungheretti

Directeur général de la cité internationale de la bande dessinée et de l'image à Angoulême


Selon vous, quels rapports la France et la Belgique entretiennent-elles aujourd’hui dans le domaine de la bande dessinée ?

Les liens entre la France et la Belgique sont historiques et très denses. L’école de bande dessinée franco-belge, l’une des plus importante du monde, a coïncidé avec une symbiose historique et idéologique et un grand moment culturel entre nos deux pays. Ils se sont trouvé une communauté d’idées et de valeurs incarnées par la bande dessinée destinée à la jeunesse qui a donné des chefs-d’œuvre et un courant encore très influent aujourd’hui. Cette consanguinité artistique entre nos deux pays se poursuit. On le voit bien avec les collaborations entre artistes, par exemple celle entre Benoit Peeters et François Schuiten est très emblématique de ces liens, ils sont tous les deux proches de nos deux pays. Des artistes aussi représentatifs que Loo Hui Phang ou Philippe Dupuy sont installés à Bruxelles et y enseignent, cela induit des collaborations avec d’autres artistes, des échanges, des participations à des rencontres-débats ou colloques.

Un autre exemple qui touche de près la Cité est la présence de Thierry Groensteen, grand expert belge de la BD, au sein des équipes de la Cité depuis de longues années en tant que directeur du musée dans un premier temps puis ensuite comme conseiller scientifique. Sa présence renforce les liens que nous pouvons avoir avec les artistes et acteurs belges de la bande dessinée. Nous avons aussi invité à plusieurs reprises Philippe Boon, collectionneur belge de bande dessinée, à l’occasion de plusieurs de nos colloques et rencontres. L’interconnexion entre nos deux pays est également très forte dans le domaine de l’édition, avec des entreprises d’édition belges qui ont des liens avec des éditeurs français et inversement, aussi bien chez les grands éditeurs que chez les éditeurs alternatifs. Le cas du Frmk avec une fusion de deux entités belge et française est très symptomatique d’une histoire commune qui perdure . On pourrait poursuivre les exemples, ils sont très nombreux et très éloquents sur cette symbiose entre nos deux pays grâce au 9e Art.

Comment les échanges culturels influencent-ils la création contemporaine francophone et le marché du livre ?

En matière de bande dessinée, j’ai souvent l’impression que la Belgique et la France ne forment qu’un seul marché avec un espace commun de création tellement nous sommes proches ! L’héritage de la bande dessinée franco-belge est encore très prégnant. Les liens très forts au sein de l’édition belge et française constituent un moteur de rapprochement sur le plan de la création. Ces deux éléments font que l’espace de création franco-belge influence toute la francophonie. Néanmoins des différences existent et bien sûr elles nous enrichissent mutuellement. Le multilinguisme belge est une richesse, ses traditions culturelles aussi. Je suis également frappé par la forte présence en France d’une bande dessinée belge flamande d’expression néerlandophone qui est très appréciée, avec des auteurs tels que les classiques Bob de Moor ou William Vance mais aussi des auteurs plus alternatifs comme Judith Vanistendael ou Brecht Evens.

Quel rôle joue la Cité de la BD d’Angoulême dans ces échanges culturels ?

La Cité a des liens très étroits avec plusieurs institutions et acteurs culturels belges. Avec le Centre Belge de la Bande Dessinée bien évidemment. Par exemple, Isabelle Debekker, la directrice du CBBD est invitée à nos 4e Rencontres Internationales de la Bande Dessinée qui se déroulent du 20 au 22 octobre 2021 sur le thème du patrimoine de la bande dessinée. J’ai cité la présence de Thierry Groensteen au sein de nos équipes et les relations que nous entretenons avec plusieurs artistes et personnalités de la communauté belge de la bande dessinée, c’est la même chose concernant Philippe Boon qui est un collectionneur très actif et très présent sur la scène belge. Nous invitons régulièrement des auteurs belges et nous en accueillons en résidence à la Maison des Auteurs de la Cité. C’est un axe de coopération qui est très important pour nous. La Cité a deux priorités en matière internationale, l’Afrique et l’Europe, et la Belgique dans notre orientation européenne occupe une place majeure.